Hommage à Edouard GLISSANT

Posted By on 4 février 2011

Le romancier, poète et philosophe Edouard GLISSANT, l’une des plus grandes figures de la littérature mondiale nous a quittés. Sa disparition endeuille notre association et, tout particulièrement, le « Prix Littéraire FETKANN ! » dont, l’année dernière encore, il avait été le plus illustre lauréat dans la catégorie poésie pour son ouvrage « Philosophie de la relation, poésie en étendue » paru aux éditions Gallimard.

Nous adressons nos sincères condoléances à sa famille.

Pour saluer sa mémoire, comment ne pas songer à ces mots de Victor Hugo : «  Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent … » ?  Inséparable de sa constante révolte contre les meurtrissures de l’esclavage colonial, non moins que de sa fervente ouverture au chant multiple de l’imaginaire des peuples, son œuvre romanesque, aux formes et aux sources multiples, a su élever à la puissance du Concept et à la dimension du Mythe ce thème du Tout-monde », qui lui restera désormais attaché.

Il nous quitte au moment où nous aurions plus que jamais besoin de sa grande voix pour répondre aux défis d’une « globalisation barbare », dominée par les forces aveugles du marché, à laquelle il avait opposé, en termes de  »créolisation », une « Poétique du divers », où il nous enjoignait de cultiver, face à la tentation d’un repli sur des identités meurtrières, sur des identités « racine », une « identité rhizome », allant à la rencontre des autres racines, et nous permettant seule de poser et de résoudre la question centrale de notre temps : « COMMENT ETRE SOI SANS SE REFERMER A L’AUTRE, ET COMMENT S’OUVRIR A L’AUTRE SANS SE PERDRE SOI-MÊME ? »

Sachons rester fidèles à  cette injonction, lors même que des bouleversements historiques majeurs sont en train  de relancer sous nos yeux ce que l’historienne Sophie Wahnich, en 1997, dans son étude sur : « L’impossible citoyen -  L’étranger dans le discours de la révolution française », avait si opportunément nommé « Les dés de l’Universel ».

LE CIFORDOM – Paris, ce 4 février 2011

CP_Hommage Edouard Glissant

FESMAN 2010 – Résister ne suffit pas

Posted By on 16 décembre 2010

Communication de José PENTOSCROPE, économiste, initiateur du Prix Littéraire FETKANN! « Mémoire des Pays du Sud, Mémoire de l’Humanité » et président du Centre d’Information, Formation, Recherche et Développement pour les originaires d’outre-mer (CIFORDOM) lors du Festival Mondial des Arts Nègres de Dakar.

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Festival mondial des arts nègres 2010

Posted By on 8 décembre 2010

La première édition du Festival mondial des arts nègres a eu lieu sous l’impulsion de Alioune Diop (fondateur des éditions et de la revue Présence Africaine) et le président du sénégal Leopold Sedar Senghor Dakar en 1966.

FESMAN 2010

Onze plus tard, la seconde édition s’est tenu à Lagos (Nigéria) en 1977.

La troisième édition du Festival mondial des arts nègres sera organisé du 10 au 31 décembre 2010 sur le thème de la « Renaissance Africaine, diversité culturelle et unité africaine».

En plus des manifestations artistiques et culturelles, ce troisième rendez-vous des peuples noirs d’Afrique et de la Diaspora comportera également une dimension intellectuelle avec l’organisation de cinq Conférences internationales portant respectivement sur:

- L’apport des peuples Noirs à la Science et à la Technologie.
- La permanence de la Résistance des Peuples Noirs.
- La Diaspora Africaine: Géographie, Peuplement, situation politique.
- La participation des peuples noirs à l’avènement du monde libre et quelle place et quel rôle pour l’Afrique dans la gouvernance mondiale?.
- Les anciens Égyptiens étaient-ils ou non des Noirs?

Pour cette édition, José Pentoscrope, initiateur du Prix Littéraire FETKANN !, a été invité à faire une intervention dans le cadre de la session portant sur la permanence de la Résistance des Peuples Noirs. Son exposé s’appuiera en particulier sur l’exemple des résistances antillaises au cours de l’Histoire.

Poème – Hommage à Haiti (2)

Posted By on 8 décembre 2010

HAÏTI

Tous les regards se tournent vers Haïti, cette terre où naquirent, grands parmi les grands, Toussaint Louverture, Dessaline, Stéphen Alexis, Anthénor Firmin, Jacques Roumain, Georges Anglade et combien d’autres ! cette terre d’élection du rhum, du sucre, du coton, de l’indigo, du bois de campêche, du café, du riz, du cacao et de tant d’autres produits ; Haïti, terre nourricière, qui fut capable de nourrir à la fois l’esprit et la chair de tant d’êtres humains ! « Haïti chérie », terre d’Histoire et de Culture te voilà frappée durement et pour longtemps dans ta chair !

« Haïti chérie », la terre a tremblé, tremblé, tremblé, très fort, trop fort pour que tes bidonvilles résistent au séisme dévastateur.

Fontarama, Cité soleil sont en poussière, et combien de tes enfants sont ensevelis sous les gravas !

Maintenant, tu devras vivre avec tes mutilés, amputés dans l’urgence, qui ne fouleront plus jamais leur terre ni aucune autre terre sur leurs deux pieds.

O combien d’orphelins, de veuves, de veufs pleurent les défunts !

Et pourtant la vie ne doit pas s’arrêter.

« Haïti chérie », tu es meurtrie mais tu n’es pas achevée.

Meurtrie, tant de fois tu l’as été, par tant d’épreuves, par tant de souffrances, comme si tes enfants ne pouvaient rien espérer d’autre que la souffrance !

Le monde entier a crié ton nom le temps d’un instant, mais tu sais faire la part parmi tous ces cris, ceux du cœur, d’un véritable attachement à ta terre et les condoléances de circonstance, de ceux qui veulent tirer profit des émotions provoquées par ton malheur.

Car tu sais discerner ceux qui ont toujours été à tes côtés, ceux qui essuient le sang de tes enfants avec leurs mains.

« Haïti chérie », tu sais te montrer reconnaissante à l’égard de l’aide humanitaire dont tu bénéficies, maigre compensation au regard des fortunes construites par ces colons, ces esclavagistes, tous ces profiteurs venus du monde entier, jusqu’à être contrainte de dédommager l’ancienne puissance coloniale, en payant au prix fort la liberté d’être la première république noire.

Ceux qui volent aujourd’hui de toute part à ton secours, pensent-ils vraiment au café, au thé, au rhum, fruits de tes entrailles, dont tant de nantis se sont gavés jadis à ton détriment dans l’indifférence la plus totale au sort des esclaves, qui fut si cruel que les séquelles en subsistent encore de nos jours.

Demain, sans doute, reviendront l’indifférence et l’oubli, si prompts à gommer les malheurs des peuples qui souffrent avant même que les mouchoirs ne sèchent.

Reste donc sur tes gardes, prends garde à toi.

Ta terre a tremblé. Il faut y voir le signe du réveil, d’un appel au courage de ton peuple, à la responsabilité de tes élites et à la solidarité des hommes de bonne volonté pour que tous s’emploient à te relever de tes ruines.

Haïti sache que tu es aimée et que ceux qui te vouent leur amour te resteront fidèles. Ils diront avec force à tous ceux qui se présentent bienfaiteurs, qu’il n’ait d’humanisme authentique que si l’on place l’homme et sa dignité au centre de tout, le respect des autres avant les surenchères intéressées de l’amour propre.

Disons-leur encore, dans cette phase de reconstruction et dans l’esprit des messages à portée universelle d’un Toussaint Louverture ou d’un Delgrès : « Plus d’asservissement, plus d’oppression ».

José PENTOSCROPE

Initiateur du Prix Littéraire FETKANN !

Mémoire des Pays du Sud, Mémoire de l’Humanité.

Poème – Hommage à Haiti (1)

Posted By on 29 novembre 2010

HAÏTI

De multiples fléaux terre sans fin meurtrie,
Toi qui, pour l’homme noir secouant l’oppression,
Fus de sa dignité la première patrie,
Quel Ciel jaloux te voue à la malédiction ?

De colons en colons, de despote en despote,
Quel sort sur toi s’acharne et ton sol spolié,
Comme si tu devais toujours solder la note
Pour ce crime d’avoir osé la liberté !

Le Ciel n’y est pour rien, ni non plus la Nature,
Car l’horreur est de l’homme et non des éléments ;
Ni l’un ni l’autre n’ont, à Toussaint Louverture,
Infligé de mourir en d’horribles tourments.

Tu reçois, dévastée, un soutien emphatique
De ces maîtres d’un monde où tu n’existais pas
Si ce n’est comme chair de misère exotique,
Faisant du coup la une à l’aune des médias

Songe qu’il t’appartient d’être ton propre Maître,
Peuple libre et debout parmi d’autres nations ;
Que c’est toi le Volcan, et que tu vas renaître
En faisant advenir tes propres éruptions.

Le 18 janvier 2010

Yves LETOURNEUR
Au titre du CIFORDOM

Mention spéciale de la 7ème édition du Prix FETKANN !

Posted By on 25 novembre 2010

A l’occasion de la 7ème édition du Prix FETKANN !, les membres du Jury ont décidé à l’unanimité d’accorder une « Mention spéciale » à l’association Les Anneaux de la Mémoire qui édite chaque année la revue « Cahiers des Anneaux de la Mémoire ».

Les œuvres de cette association répondent aux recommandations du Comité pour la mémoire de l’esclavage institué par le décret du 15 janvier 2004 en application de la loi TAUBIRA du 10 mai 2001.

Présidée par Yvon Chotard, l’association Les Anneaux de la Mémoire, créée en 1991, a pour objectif de mieux faire connaître l’histoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs conséquences contemporaines dans la perspective de promouvoir de nouveaux échanges, équilibrés et équitables, entre nos sociétés d’Afrique, d’Amériques et d’Europe. L’association s’attache également à faire revivre certains pans de l’histoire de Nantes et sa région.

Yvon Chotard, president de l'association Les anneaux de la mémoire

Yvon Chotard, president de l'association Les anneaux de la mémoire (copyright RDG)

PRIX FETKANN 2010_Communique_Mention speciale

Les_Anneaux_de_la_Mémoire

Site des anneux de la mémoire

Les lauréats de la 7ème édition du Prix FETKANN !

Posted By on 25 novembre 2010

Les lauréats du Prix FETKANN! 2010 sont désormais connus. Ont été primés les écrivains suivants:

Catégorie Mémoire :

Caroline FOUREST, La dernière utopie, menaces sur l’universalisme,
Ed Grasset 2009


Catégorie Recherche :

François BLANCPAIN, Etienne de Polverel Libérateur des esclaves de Saint-Domingue,
Ed Les Perséides 2010

Catégorie Jeunesse :

Anne BLANCHARD, Francis MIZIO et Serge BLOCH, L’Encyclopédie des rebelles insoumis et autres révolutionnaires, Ed Gallimard 2009

Catégorie Poésie :

Edouard GLISSANT, Philosophie de la Relation, poésie en étendue, Ed Gallimard 2009

Communiqué_PRIX_FETKANN_2010_LES_LAUREATS

Un excellent article consacré à la cérémonie se trouve sur le blog fxgpariscaraibe, le blog des informations du 5ème DOM.

Caroline Fourest, Lauréate du Prix FETKANN ! de la mémoire (copyright RDG)

Les pressentis de la 7ème edition du Prix FETKANN !

Posted By on 25 novembre 2010

Pour la 7ème édition du Prix FETKANN !, les pressentis sont ICI

Les lauréats 2010 seront annoncés lors de la remise des prix au Café de Flore, le mercredi 24 novembre 2010

La sélection des ouvrages de la 7ème édition du Prix FETKANN !

Posted By on 24 novembre 2010

Le CIFORDOM présente les ouvrages sélectionnés pour concourir à la 7ème édition du «Prix Littéraire FETKANN ! Mémoire des pays du Sud, Mémoire de l’humanité ».

Les lauréats de l’édition 2010 du Prix Littéraire FETKANN ! seront annoncés le 24 novembre 2010 au Café de Flore à Paris.

L’édition 2010 confirme, par le nombre de plus en plus important d’ouvrages abordant le thème du devoir de mémoire, que le Prix Littéraire FETKANN ! contribue à faire connaître des auteurs et des ouvrages méritant une plus large couverture médiatique.

Communiqué

Lancement du Prix FETKANN! 2010

Posted By on 5 novembre 2010

La 7ème édition du Prix FETKANN ! Mémoire des pays du Sud, Mémoire de l’Humanité est lancée. Chaque année ses sélections visent à promouvoir des œuvres de qualité permettant de lutter contre l’oubli, de contribuer à l’unité et à la cohésion sociale, tout en offrant, notamment aux jeunes générations, la possibilité de connaître l’histoire et de ne pas opposer les mémoires. Ses sélections visent enfin à faire vivre la loi Taubira du 10 mai 2001 reconnaissant l’esclavage et la traite négrière comme crimes contre l’humanité.

Quatre prix sont décernés pour distinguer le meilleur ouvrage de chaque catégorie :

- Prix FETKANN ! de la Mémoire : ouvert aux auteurs édités ou non, il récompense un ouvrage de fiction ou documentaire.

- Prix FETKANN ! de la Jeunesse : ouvert aux auteurs mineurs et aux auteurs d’ouvrages destinés aux jeunes, sans limite d’âge, il récompense une œuvre de fiction ou un essai.

- Prix FETKANN ! de la Poésie : ouvert aux auteurs édités ou non, il récompense un recueil de poèmes.

- Prix FETKANN ! de la Recherche : ouvert aux étudiants inscrits dans une université francophone et aux chercheurs confirmés, il récompense un travail de recherche.

Les ouvrages pouvant concourir doivent avoir moins d’un an de parution, sauf s’il agit de manuscrits, et doivent rentrer dans la thématique du Prix.

LANCEMENT_PRIX_FETKANN!_2010